Anjeux
Tout proche de la vieille voie romaine qui séparait la Vôge des
plateaux de Haute-Saône, Anjeux se niche au creux d'un vallon qui débouche
par le rû du Durgeon et le rû du Chanoy sur la vallée du
Planey et au-delà sur ce qui fut jadis de Bassigny.
Son clocher, à l'allure d'une tour carrée coiffée à
batière, émerge des toits aux tuiles rouges et des « laves »
qui recouvrent encore quelques vieilles fermes à « charri »
typiques de l'habitat pré-lorrain. Il est vrai qu'Anjeux est limes de
la Lorraine, ayant appartenu jadis aux seigneurs de Fontenoy-le-Château
et de Faucogney, avant d'être, surtout, une terre de l'abbaye de Luxeuil.
Ce fut alors, peut être la partie la plus heureuse de son histoire avant
de souffrir des écorchures au 15ème siècle, des bûchers
de la sorcellerie au 16ème siècle et 17ème siècles.
Il faut y voir :
- la nef de léglise gothique « flamboyant » avec
ses restes du 15ème et 16ème, son chemin de crois et son baptitère
classés, son autel et sa table de communion, ses vitraux chargés
de symboles, dans le village et aux abords ses croix de carrefour, ses cinq
fontaines où coule toujours une eau limpide, son ruisseau et ses 14 ponts
ou pontets.
- et par la route forestière qui remonte le Planey, gagnant la limite de
Bouligney, la source de cette rivière, véritable gouffre qui naît
à la cote 26 et qui s'étale en un splendide miroir de 90 mètres
de tour aux reflets changeants, du bleu profond au vert émeraude le plus
fascinant. Mais ne soyez point tentés de vous y baigner, sa température,
constante, n'est que de 11 degrés.

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